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Arnaud de Villeneuve

La date et le lieu de la naissance d'Arnaud de Villeneuve ne sont pas connus. Il serait né vers 1240, mais le lieu de sa naissance est incertain.

Dans un manuscrit non retrouvé que détenait les archives de la bibliothèque de Carpentras, Arnaud de Villeneuve se dit né en Catalogne Vilanova de Sau ?, Vilanova de la Muga ?

Ou peut-être en France, il pourrait s'agir d'un village nommé Villeneuve, mais il y en a plusieurs, en Provence Villeneuve-lès-Avignon, Villeneuve-Loubet (à l'époque en Italie), en Languedoc Villeneuve- les-Maguelone (à l'époque dépendant du royaume d'Aragon).

Nous sommes peu de temps après la guerre contre les Albigeois (1229) menée par le roi de France et en pleine Inquisition (1233).

Enfant il aurait été élevé en Espagne, près de Barcelone ou de Valence, par des frères prédicateurs dominicains qui lui apprirent la théologie, le latin, l'hébreu et l'arabe; ce grand érudit perfectionna sans doute ses notions du grec et du latin à Aix-en-Provence, car à cette époque ses différentes langues étaient indispensables à qui voulait connaître les traités médicaux.

Ses connaissances lui permirent quelques années plus tard de transmettre à la médecine occidentale certains savoirs des médecins arabes dont il avait pu traduire les œuvres, ou recopier les textes de l'école des Traducteurs de Tolède.

Les études d'Arnaud, l'ordre de ses pérégrinations, les lieux où il enseigna ne sont pas beaucoup mieux connus.

Très tôt (vers 1260) il étudie la philosophie à Montpellier. Il y rencontre sa future épouse Agnès Blasi, fille de riches commerçants de la ville occitano-catalane.


Arnaud de Villeneuve et l'alchimie

Ce n'est plus guère que sous ce dernier rapport qu'il peut être de quelque intérêt pour nous ; c'est en effet par lui et par Raymond Lulle, son disciple, que la chimie commença à faire des découvertes. Il découvrit les trois acides sulfurique, muriatique et nitrique.

Il distilla le premier de l'alcool, et s'aperçut qu'il pouvait retenir quelques-uns des principes odorants et sapides des végétaux qui y macèrent, d'où sont venues les diverses eaux spiritueuses employées en médecine et pour la cosmétique.

On lui doit aussi les premiers essais réguliers de distillation ; il fit connaître l'essence de térébenthine et composa les premiers ratafias. On lui doit le principe du mutage utilisé pour le vin muté car il réussit à distiller le vin. Les effets excitants de l'alcool distillé lui inspirèrent le nom d'eau-de-vie. En poursuivant ses études, il découvrit que l'ajout de cette eau-de-vie au vin stoppe la fermentation, le vin conserve ainsi les sucres de raisins sans tourner au vinaigre.

Selon Robert Halleux : « Dans ses oeuvres médicales, Arnaud ne semble connaître de l'alchimie que les traits généraux et met en doute les vertus médicales de l'or philosophal ». On peut lui attribuer (sans certitude) : le Quaestiones tam essentiales quam accidentales, la Semita semite.

Selon Antoine Calvet : « dans la masse des textes qui lui sont attribués, un petit groupe forme un ensemble cohérent centré sur l'idée que le mercure alchimique composé des quatre Éléments constitue la pierre philosophale (lapis in similitudine et tactu).

On s'accorde à penser qu'autour d'un noyau comprenant le Rosaire des philosophes (Rosarium philosophorum ou Thesaurus thesaurorum), les Questions au pape Boniface VIII (Quaestiones tam essentiales quam accidentales), la Lettre à Boniface VIII (Practica ad quendam Papam), la Lettre au Roi de Naples (Epistola super alchimia ad Regem Neapolitanum) et la Fleur des fleurs (Flos florum), tous écrits au début du XIV° siècle, en Catalogne ou en Sicile, et adressés à des personnages contemporains et amis, d'autres textes moins fiables ont été fabriqués plus tardivement par des auteurs se plaçant sous l'autorité d'Arnaud et glosant ses idées principales.

Cela nous donne au total un corpus important de plus de cinquante titres... La thèse principale du Rosaire, élaborée dès le premier chapitre de la théorie, tient dans ce qu'il dit du mercure philosophique (qui n'est pas le mercure commun), défini comme une chose capable d'être cristallisée en or ou en argent par la vapeur du soufre qui lui est inhérent. Cette substance immatérielle a comme signe de perfection d'être volatile et de se purifier sous l'action de la chaleur. La nature met mille ans pour passer le mercure de la terre chaude et sulfureuse à sa véritable essence, aérienne, subtile, spirituelle.

Le travail de l'alchimiste consiste donc à imiter le travail de la nature et à le surpasser de sorte que les délais soient raccourcis. Dans la mesure où le mercure philosophique se révèle commun à tous les métaux, il faut revenir à lui, mais à lui seul »