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Solazaref : un authentique Philosophe par le feu ?



... Voici quelques éléments de réponse, qui nous l'espérons, répondront à l'interrogation bien légitime sur cet authentique Philosophe de notre temps.

SOLAZAREF est le nom du philosophe par le feu (?), né en 1947, sous le patronyme de Daniel Winter. Alsacien de souche, il sera tôt attiré par les sciences de la nature et opte pour des études de physicien.

Après avoir travaillé un temps pour la société Michelin, il prend rapidement la voie d'une authentique quête de la vraie science, attiré par les auteurs du corpus alchimique, et bien sûr, lit les livres de Fulcanelli et Canseliet, les phares français de l'alchimie contemporaine.

C'est au milieu des années soixante que cette mutation du scientifique classique à l'apprenti philosophe se produit. Au début de la décennie suivante, il a déjà trouvé son Maître en la personne d'un Caucasien de souche exilé en Alsace, qu'il dénomme pieusement N. et dont nous savons que le patronyme est celui de Nadiéjdovitch. Celui-ci gravitait dans la sphère familiale de Solazaref et serait un des rares représentants de la filiation Brève du nom d'une voie extrêmement exigeante, pratiquant les hautes températures et des procédés alchimiques inédits, dont l'accumulation énergétique des fluides liés aux orages.

Après avoir été initié à cette voie en Alsace même, il part s'installer en Auvergne, accompagné de quelques disciples, déjà attirés par la liberté d'allure et de pensée du jeune Maître, dont l'auteur de ces lignes ne peut s'empêcher de penser que l'on peut établir un certain parallèle avec le grand PARACELSE ( Philippe Auréole Théophraste BOMBAST von HOHENHEIM né en 1493 et mort assasinné le 24 septembre 1541 retrouvé à l'aube au pied des remparts de la ville de Salzbourg)...

Daniel Winter regroupe en Auvergne des compagnons en une association des arts industrieux traditionnels dont le but est de ressusciter les arts et techniques liés au mode de vie traditionnel, dont le monde occidental industrialisé s'est furieusement éloigné. L'activité la plus connue des disciples d'Hermès, dans laquelle s'illustrent les compagnons de Pierre D'HOUCHES (pseudo choisi dans un premier temps par SOLAZAREF) est la résurrection de la poterie traditionnelle créant dans un premier temps, les instruments les plus idoines aux voies de l'alchimie, les voies sèche et humide, la spagyrie et la voie brève, sorte de Quadrivium des ustensiles de la pratique par le feu.

Au début de la décennie quatre-vingt, Pierre D'HOUCHES se fait connaître à la librairie la Table d'Emeraude à Paris, suite à la demande de Bernard RENAUD de la FAVERIE, par ailleurs éditeur de la revue créée par Jean LAPLACE, la TOURBE DES PHILOSOPHES, d'articles évoquant la pratique alchimique d'une part et de renseignements concernant la poterie proposée par ses ateliers.

Lorsqu'à la fin du printemps nous avons acquis le n°18 de la TOURBE des Philosophes (1er trimestre 1982) et ouvert en page 4 titré : l'Adieu, écrit par Bernard RENAUD de la FAVERIE, notre coeur s'est mis à pleurer ! Eugène CANSELIET venait de s'éteindre le samedi 17 avril à Savignies. Lorsque six jours plus tard, le Philosophe par le feu, réputé et honoré, rejoignait sa dernière demeure, il était porté par Pierre D'HOUCHES et un compagnon, qui avaient été appelés aux soins de la dépouille selon les procédés de momification recueillis depuis l'antique Egypte, par Isabelle CANSELIET, une des trois filles du Maître de Savignies.

Dans son numéro 19, la TOURBE des PHILOSOPHES accueille un premier article cosigné par Pierre D'HOUCHES et un de ses compagnons d'alors Roger BEAULIEU "Litterae Custodium" qui après avoir mis les choses au point sur la situation de l'après CANSELIET, alors toute imprégnée du respect dû au grand père des Alchimistes français contemporains, donnait déjà de nombreuses indications pratiques autour de l'athanor et de sa construction matérielle.

Dans les exposés des articles suivants, des conseils se succèdent jusqu'au dernier signant la fin de la collaboration de Pierre D'HOUCHES à la revue de Bernard RENAUD de la FAVERIE, dans le numéro 23 (2°trimestre 1983), signé par le seul Pierre D'HOUCHES et procédant par voie de questions et réponses reflet de la rencontre de novembre 82 précédant.

Les adieux sont cordiaux, et il ne semble pas que Pierre D'HOUCHES était alors en désaccord avec le milieu qui gravite autour de la Table d'Emeraude.

C'est dans le courant de l'année 1983 que la métamorphose s'opéra. D'une part, Pierre D'HOUCHES devient SOLAZAREF, d'autre part, le milieu artistique ésotérique prend ses distances avec la Filiation Solazaref , comme s'intitulera le groupement des disciples et compagnons de Daniel WINTER.

En 1984, paraît un des livres essentiels de SOLAZAREF : INTROITUS AD PHILOSOPHORUM LAPIDEM paru chez l'auteur et distribué hors commerce, par contact direct avec la filiation. Cet important et copieux ouvrage met au point par degrés progressifs, les travaux d'Hercule nécessaires pour renoncer aux travers de l'égo omniprésent à notre époque, et donne de nombreuses et précieuses indications pratiques surtout cantonnés à la voie sèche et à la préparation des adjuvants nutritifs préparés selon l'Art.... Ce texte est aussi constellé de dissertations socio-politiques qui dénotent un mélange de remise en cause radicale des acquits d e la société contemporaine et un positionnement qui peut être assimilé à de l'extrême droite. Le philosophe s'est ici mué en combattant armé, persuadé d'une invasion soviétique prochaine et d'une subversion brutale du mode de vie par les agents du communisme assimilé aux méthodes staliniennes.

En 1985, à la Saint-Jean d'été, paraît un fascicule encore destiné à aider les praticiens de la voie sèche : " L'assation Philosophique en voie sèche".

Durant ces deux dernières années, la Filiation Solazaref se produit ponctuellement dans des lieux tels que le château de Dampierre sur Boutonne, la brillante exposition consacrée à l'Alchimie organisée par le Crédit Communal de Belgique (actuelle banque DEXIA) à Bruxelles et qui montre outre de nombreux manuscrits prestigieux prêtés à cet effet par les meilleurs bibliothèques d'Europe, le matériel des ateliers Pierre D'HOUCHES. C'est lors de la belle et émouvante conférence tenue dans le cadre de cette exposition que nous avons eu la chance de voir et entendre SOLAZAREF et les principaux disciples de la filiation en janvier 1985.


Voici ce qui résultât de notre première prise de contact avec ce groupement philosophique.

V.T. désigne une des disciples les plus anciennes et les plus proches de SOLAZAREF.

Nous avons eu le privilège de déjeuner avec SOLAZAREF à la fin mai 1985. En compagnie de la "délégation belge", ce déjeuner nous est resté en mémoire, y compris par le fait que SOLAZAREF portait un revolver à sa ceinture, qu'il dégainât pour ponctuer son exposé sur la menace physique permanente ressentie à cause de ses positions hardies, tant dans le milieu ésotérique que dans le domaine politique...

La nécessité de s'initier au port d'armes, à la pratique du tir, comme pour préparer la guerrilla, la résistance armée, me convainquit de délaisser cette compagnie, attirante par son offre de dévoiler nombre d'éléments de la pratique alchimique, repoussante par ses intentions de s'ériger en milice privée en temps de paix...

Dans un document intitulé " La caravane passe III" daté de janvier 1986, la filiation SOLAZAREF précise : ".... Maintenant, nous avons l'extrême douleur de vous faire part qu'un attentat a été commis sur la personne du Maître. Le 12 novembre dernier (1985), SOLAZAREF fut victime d'une agression à main armée. Lâchement, quatre individus lui tendirent un guet-apens et firent feu sur lui au pistolet automatique et au pistolet mitrailleur. Il riposta avec la dextérité qu'on lui connaît, et par l'infinie bonté de la Vierge, il ne fut que blessé. En comparaison de la puissance de feu qui s'abattit sur lui, le fait qu'il soit sauf relève du miracle. Grâce à sa prévoyance, il put mettre hors d'état de nuire ses adversaires."

"Nous décidons de nous désintéresser complètement du milieu dit ésotérique, qui est pourri jusque dans ses racines....Jamais, nous ne nous compromettrons avec les sectes, qui sont à l'origine de cet attentat. Aujourd'hui, toutes les polices sont à la recherche des malfaiteurs, par force.

Nous, nous leur disons ceci : il est inutile de tenter d'abattre SOLAZAREF. Déjà, toutes les dispositions sont prises quant à la transmission de son héritage.

En outre, il est bon de préciser présentement que nous ne riposterons pas, bien que nous en ayons la possibilité et l'extrême facilité. Chez nous, il est des frères experts, qui ne feraient qu'un feu de paille des agresseurs. Que les choses soient nettes : le maître a toujours prôné le combat à l'image de la Chevalerie, c'est à dire pour Notre-Dame et exclusivement pour Elle. Il nous a donné l'ordre, que nous suivons car il est très vrai, de ne pas céder à la violence. En aucun cas venger cet acte ne constituerait un acte chevaleresque, parce qu'il touche une personne, et non une divinité. Nous nous battrons toujours pour la gloire de Marie, mais jamais pour l'homme, aussi grand soit-il. On a voulu supprimer l'Adepte de ce temps : c'est trop tard, il a déjà semé la graine."

Il faut aussi signaler la parution des trois numéros de la Tempête Chymique.


En 1985, SOLAZAREF et sa filiation publie encore deux brochures éditées par la maison d'édition propre à la filiation dont les titres sont : " La Vérité interdite, Eléments d'initiation à la connaissance alchimique traditionnelle" et " Notions sur l'éveil à la sexualité traditionnelle occidentale" Aux amoureux de Science Teilhède, 63460 Combronde.

Entre 1986 et 1988, la filiation SOLAZAREF se fait alors plus discrète.... Jusqu'à ce que le plus radical des ouvrages ne soit publié.

En mars 1988, " LES BÛCHERS DU XXè SIECLE " se consacrent à une véritable mise à néant des milieux ésotériques, et l'alchimie au sein de ceux-ci n'est pas en reste !

Eugène CANSELIET : " Homme très humble qui a beaucoup écrit en Alchimie depuis cinquante ans. Être tellement humble, qu'il fut la proie d'une ténébreuse machination ourdie par la Franc-Maçonnerie qui l'utilisa comme une prostituée." !!!! La suite de la notice consacrée au Maître de Savignies est du même acabit, étayant l'image d'un "naif" trompé par ses Maîtres !!!!!

FULCANELLI : " nom propre inconnu du dictionnaire". " - dans les sectes : un des plus grands adeptes de tous les temps." " - dans la réalité : "adepte" en alchimie qui sort d'on ne sait où, que personne n'a vraiment connu, qui n'a jamais parlé de ses maîtres et qui est devenu par la pression médiatique des sectes une sorte de mage qui paralyse complètement le paysage alchimique contemporain. Il n'a jamais existé en tant qu'adepte devant le public comme tous les vrais alchimistes. Nanti d'une fortune personnelle, il s'est servi d'Eugène Canseliet pour publier ce qui passe pour être ses ouvrages.

En fait, parachuté par la franc-maçonnerie internationale pour assainir définitivement le corpus alchimique au profit des maçons, Fulcanelli est considéré dans tout le milieu ésotérique comme l'adepte irréfutable et devant lequel tout le monde est à plat ventre." !!!!

Nous pourrions multiplier à souhait les citations de ce brûlot par excellence. Et tournons la page, vous laissant à vos réflexions.

Dans la même année, en écho à cette sulfureuse publication, plusieurs journaux publient des colonnes consacrées à la "secte des alchimistes auvergnats". En exemple, voyez les pages consacrées par Libération le vendredi 26 août 1988. Toute une série de témoignages sont versés à charge de ces alchimistes en treillis et Harley-Davidson. Caricature ou reflet réel ?

En 1989, dans son opuscule, du nettoyage des écuries d'Augias, la filiation fait écho de deux procès intentés par la filiation de Roger CARO qui s'est portée partie civile, se sentant infâmée par les propos des Bûchers, et d'autre part, par les filles d'Eugène CANSELIET et en particulier par Isabelle CANSELIET en mémoire de leur père, pour les termes décrits plus haut dans notre article, et en particulier pour Dame Isabelle, décrite comme vénale et incapable d'oeuvrer au laboratoire.

Dans les deux cas, des condamnations furent prononcées par le tribunal compétent, à la charge de l'auteur SOLAZAREF. L'opuscule de la filiation reprend ensuite le chemin des dénonciations multiples, dont Patrick RIVIERE (auteur que vous connaissez sûrement) et Jean LAPLACE font encore les frais.

En 1993, la Filiation et son Maître se rendent aux Etats-Unis, pour une conférence exposition aux Nations Unies à New-York. Plus sereinement, la filiation entame vers cette époque une encyclopédie nommée "SOMME HERMETIQUE" dont déjà les premiers volumes ont été publiés ( les deux tomes de l'INTROITUS déjà évoqué plus haut ), et dont le debut des années quatre-vingts-dix vont voir une parution partielle. La somme prévoit treize tomes comprenant parfois plusieurs volumes.

En 1995, SOLAZAREF se retire définitivement du monde profane, restant disponible pour quelques fidèles (devenus rares) les trahisons s'étant multipliées entre 1985 et 1995.

Voici ce qui peut être une esquisse de biographie, forcément très incomplète de ce qui a été un des phénomènes les plus marquants en Alchimie en cette fin de vingtième siècle.

J'espère que vous aurez ainsi une idée plus précise des divers aspects recouvrant l'étrange personnage connu sous le nom de SOLAZAREF.

Bien à vous tous.



Publication reprise avec l'autoristion de notre ami Filostène junior