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La limule - animal lunaire





La limule - et ses analogies lunaires

Les alchimistes utilisent plusieurs principes pour travailler, et notamment celui de l’étude et l’utilisation des analogies. Tout dans l’univers se répète par analogies, et le fait est, que dans le cas présent nous avons à faire à un cas d’école. Voyons ce que nous réserve l’étude d’un bien étrange animal : la limule.

La limule est un animal de la famille des arthropodes marins, dont le corps est de forme circulaire prolongé par une queue pointue. Ses origines remontent à la préhistoire, il y a 150 millions d’années. Son surnom de crabe fer à cheval est dû à la forme du dessus du corps qui se caractérise par un demi-cercle en forme de fer à cheval (question de point de vue ! nous avons ici une comparaison assez rudimentaire basée sur la forme d’un objet commun). Seulement, si l’on s’intéresse d’un peu plus près à l’animal, nous allons découvrir que la comparaison peut prendre une autre voie. Postulons que sa forme peut aussi faire penser à un croissant lunaire – analogie, surtout que la couleur de la carapace tire sur l'argent – encore une analogie. Nous allons voir si les analogies avec la lune se poursuivent, et gageons que nous serons sans doute plus proches de la réalité que pour le fer à cheval.

Lorsque l’on analyse l’anatomie de la limule on constate, hormis sa forme générale, qu’elle possède une vision très particulière. En effet, basée sur 5 paires d’yeux (donc 10 au total), dont la fonction de chacun est très précise, cette vision est organisée en fonction des événements de la vie de l’animal. On note que la paire d’yeux latérale est stimulée particulièrement la nuit afin d’en augmenter la sensibilité, essentiellement liée à la recherche d’autres partenaires. Nous n’allons pas entrer dans le détail de la spécialisation de chacun de ses yeux car cela pendrait trop de temps, mais il faut noter que certains d’entre eux sont spécialisés dans le mode de vision de la lumière lunaire, ce qui permet à la limule de suivre son cycle circalunaire(1). Et nous allons voir que cette particularité est très importante pour l’espèce.



La lune et ses analogies terrestres

Si cet animal possède une vision qui lui permet de suivre les cycles de la lune, il n’en reste pas moins qu’il est sensible comme la plupart des êtres vivants des trois règnes – minéral, végétal et animal – aux effets des marées lunaires. Un mois lunaire gestationnel ayant une durée de 28 jours – nous reviendrons sur ce thème avec plus de précisions dans un autre article, et de deux nœuds lunaires : un nœud descendant ☋ (entrée en position sub-solaire) et un ascendant ☊ (entrée en position super-solaire), la limule peut ainsi vivre au rythme de la lune sans jamais la voir. En ce qui concerne les nœuds lunaires, ils sont caractérisés par un point de croisement avec l’écliptique solaire : plongeant lorsque la lune passe au-dessous de l’écliptique solaire et émergeant lorsqu’elle passe au-dessus. A ces deux moments – bien connus des jardiniers, la polarité lunaire est neutre et « déboussole » le domaine du vivant. Ce phénomène est dû à l’inclinaison de l’orbite lunaire par rapport à l’écliptique solaire d’une valeur de 5°, par conséquent d’une amplitude totale de 10° – encore une analogie. Cet angle détermine l’amplitude entre lune montante et descendante. Les deux nœuds lunaires sont les équivalents équinoxiaux terrestres, et les deux points où la lune est au plus haut et au plus bas sont les équivalents solsticiaux terrestres. Le cycle complet entre deux nœuds est appelé : cycle draconitique, en rapport avec la tête et la queue du dragon mythique. Ces deux points définissent un sens au cycle évolutif sublunaire.







La limule et sa couveuse solaire

Voyons maintenant le mode de reproduction de la limule, et si celui-ci est toujours en conformité avec ce que nous avons déjà constaté concernant son affinité lunaire. Premier point : la maturité sexuelle de cet animal est atteinte à l’âge de 10 ans – encore une analogie. Deuxième point : son cycle de reproduction est basé sur un repère lunaire puisque la ponte a lieu au début de l'été, une fois par an à la pleine lune. La femelle profite de la marée la plus haute pour sortir de l'eau, et venir pondre après avoir creusé un trou peu profond dans le sable. Le mâle fertilise les œufs, puis chacun retourne dans l'eau. La ponte reste dans le sable jusqu'à la prochaine lune et marée la plus haute où ils vont être immergés et se libérer dans l'eau. Cela démontre, que cet animal connaît parfaitement les lunaisons et marées, et que bien évidemment il s'agit ici d'une perception circalunaire.

Nous avons donc ici un animal à l'aspect rudimentaire mais qui possède des connaissances que certains alchimistes seraient bien avisés d'approfondir. La limule utilise la lune et le soleil pour garantir le succès de sa reproduction. Elle creuse dans le sable ce qui va devenir une véritable couveuse solaire, lieu où ses œufs seront maintenus à une bonne température(2) grâce aux infra-rouges solaires – bio-favorisants, et protégés des ultraviolets – biocides. La ponte ayant lieu juste après le solstice d'été, elle a la garantie que l'ensoleillement et la température seront suffisants pour faire fonctionner cette couveuse. La ponte ayant lieu à la pleine lune, elle a la garantie de disposer d’une forte marée et d’un repère précis pour assurer l'immersion de sa progéniture, lorsque celle-ci sera arrivée à terme après une période d'incubation de 28 jours(3), soit à la prochaine pleine lune. Cette durée nous tenons le préciser est une durée canonique. Nous voici donc confortés dans notre prime-impression : cet animal vit avec la lune et règle sa vie en conséquence.

La limule - animal au sang bleu

Après ces analogies lunaires, étudions ce qui est le plus étonnant chez cet animal. Car la limule possède un caractère physique pour le moins surprenant : son sang. Il possède la particularité d’être bleu, car il contient non pas de l'hémoglobine (rouge) mais de l'hémocyanine (bleue). C'est le cuivre de l'hémocyanine qui transporte l'oxygène dans le sang au lieu du fer pour l'hémoglobine, ce qui lui confère cette couleur bleue. Mais c’est loin d’être le fait le plus étonnant.

La limule ne dispose pas de système immunitaire comme nous le connaissons et qui est basé sur la production d’anticorps spécialisés. Elle utilise pour son système de défense une technique basée sur une réaction, qui la protège des attaques bactériennes en gélifiant son sang localement au contact des endotoxines bactériennes. Cette gélification pondérale arrête l'attaque et peut également stopper une hémorragie au niveau d'une lésion d'un vaisseau sanguin. C'est très efficace car, contrairement au système immunitaire basé sur un apprentissage des anticorps qui doivent d'abord apprendre à lutter contre la menace, la limule sait se prémunir contre n'importe quel type de menace immunitaire. Les caractéristiques de ce sang n'ont évidemment pas échappé aux scientifiques qui ont organisé la collecte et l'utilisation en milieu médical. On extrait du sang de cet animal le lysat d'amebocyte de limule : LAL. Véritable manne pour l’industrie pharmaceutique aujourd'hui, beaucoup de limules sont prélevées, à tel point qu'une alerte a été lancée sur le risque de voir l'espèce disparaître. Le litre de LAL est aujourd'hui commercialisé aux alentours de dix mille dollars. L'utilisation principale qui en est faite tourne autour de la détection bactérienne en milieu hospitalier ou laboratoire pharmaceutique.

Ce qui nous intéresse ici plus particulièrement, c’est le mode réactif et la réponse défensive de la limule. En effet, comme celle-ci est dépourvue d'anti-corps, elle doit régler le problème de la détection via ses amybocites (cellules sanguines) et contrecarrer l'attaque grâce à la production d'un gel défensif. La détection s'effectue par les amybocites au contact de l'endotoxine de la bactérie. Ainsi la gélification du sang s'effectue à l'emplacement du point de contact. Il y a donc un signal transmis via le sang où la protéine responsable de la gélification va déclencher un changement d’état de l’hémolymphe. Ce signal est un stimuli ou transduction(4) qui déclenche la gélification. Mais peut-on s’en étonner ? on pourrait penser que cela est dû à un mécanisme lié au fait que nous avons à faire à un ensemble vivant. Là où cela devient très surprenant, c’est que lorsque l’hémolymphe est prélevée sur la limule et transformée en lysat, c’est-à-dire après destruction et mort des amybocites, la réaction continue à s’opérer. S’il s’agissait d’une simple réaction chimique, les chercheurs auraient depuis longtemps isolé les molécules responsables de ces réactions et produit un équivalent synthétique. Ce qui n’est pas le cas. Il existe bien un ersatz du LAL créé dans les années 90, mais on lui préfère l’original, mettant ainsi en grand danger cette espèce fossile. Comment une substance vivante dévitalisée peut-elle continuer à réagir de la même manière ? où se trouve la cause de la réaction ? On touche du doigt ici l'interaction informative du Vivant entre tangible et intangible. Le LAL en est la brillante démonstration. Les scientifiques ne peuvent synthétiser cette substance car c'est un ensemble : informatif-substanciel dont une partie est du ressort de l'invisible et du non-mesurable, donc en dehors des protocoles scientifiques. Ceci illustre le pouvoir d'une substance vivante vis-à-vis d'une substance purement chimique. Dans un prochain article, il sera fait mention d’un autre fait démonstratif mettant en évidence le lien de causalité entre le corps physique et son origine causale intangible.








correspondances alchimiques

Ceci clôt notre étude sur la limule et ses étonnantes caractéristiques. Chacun pourra en tirer des conclusions sans doute plus profondes que le simple aspect biologique. Une approche alchimique sera probablement nécessaire afin de trouver les correspondances soli-lunaires auxquelles cet animal semble s’être attaché. Nous nous sommes en tout cas efforcés de les mettre en évidence.



(1) Rythme de vie basé sur le cycle lunaire
(2) Température de couvaison, dont la stabilité est assurée par l'inertie thermique du sable
(3) La gestation humaine est basée elle aussi sur un cycle lunaire relatif à cette période de 28 jours - La gestation : revue Septième sens - éditions Rafael de Surtis – mars 2021
(4) La transduction est la transmission d'un signal qui peut avoir une origine chimique, électrique ou autre, à étudier


J.Hylae