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Abu Mūsā Jābir ibn Hayyān

Abu Musa Jabir ibn Hayyan ( جابر بن حیان ) ou en latin Geber ou Jeber, était un important alchimiste et chimiste persan né vers 721 et mort entre 808 et 815.
Il porte les titres de «père de la chimie moderne» et de «père de l'alchimie arabe».

Fils d'un pharmacien qui l'a certainement influencé dans la poursuite de ses études, il a également pratiqué la médecine et plus tard l'alchimie. Geber est devenu un personnage important après avoir modernisé les vieux concepts d'alchimie en chimie, c'est à dire en ransformant le mystique en science. Ansi devenue science, l'alchimiste est au coeur de nombreuses découvertes dans ce domaine On lui doit la création de nombreux outils essentiels pour la chimie et parmi le résultat de ses découvertes on trouve les acides chlorhydrique et nitrique.


En raison de l'énorme quantité de manuscrits signés de son nom, on en est arrivé à la conclusion que d'autres auteurs signaient pour lui afin de bénéficier de son aura.

parmi ses autres découvertes, Il y a eu des améliorations dans les procédés de tannage du cuir, de la transformation des aciers et autres métaux, on lui doit des procédés de teinture des tissus, ...
Le pseudonyme de 'Geber' a également été réutilisé par un moine franciscain d'Assise, Paul de Tarente, habituellement appelé Pseudo-Geber, pour publier des écrits d'alchimie et de métallurgie.


D'après d'autres auteurs, il serait né à Harran et aurait été sabéen. Léon l'Africain en fait un chrétien grec converti à l'islam. Enfin, d'après le Kitab al Fihrist, certains savants contestaient même son existence, ce que le compilateur refuse d'admettre. D'après les auteurs arabes, le premier musulman qui aurait écrit sur l'art alchimique fut Khaled ben Yezid, prince omeyyade, mort en 708, personnage historique qui aurait emprunté sa science aux Grecs et aux Syriens. Il aurait eu pour disciple Djafer Eç Çadek, maître à son tour de Geber. Geber est rattaché lui-même au groupe des Barmécides, célèbre dans l'histoire des califes.

On ne sait rien de précis sur sa vie. Mais sa réputation domine celle des autres alchimistes arabes : Razhès et Avicenne le proclament le maître des maîtres, et sa réputation a grandi encore dans le Moyen âge latin. Cardan le déclarait, au XVIe siècle, l'un des douze plus subtils génies du monde. Les oeuvres sur lesquelles repose cette réputation appartiennent à deux catégories : les unes sont des ouvrages arabes très peu connus; les autres sont des ouvrages latins auxquels les auteurs qui ont traité de l'histoire de la chimie ont rattaché la plupart des découvertes qu'ils attribuent aux Arabes. Mais cette attribution ne repose pas sur l'étude des écrits arabes de Djaber, aucun de ces écrits n'ayant été jusqu'au XIXe siècle porté à la connaissance du public.

On s'est fondé seulement sur les oeuvres latines, dites de Geber, imprimées au XVIe siècle; oeuvres qui ont joui de la plus grande réputation depuis le XIVe siècle, et qui ont été continuellement citées dans le monde occidental (Somme du Pseudo-Geber).

Or, l'examen approfondi de ces ouvrages et leur comparaison avec les écrits latins authentiques du XIIIe siècle m'a conduit à cette conviction que tous ces prétendus ouvrages latins de Geber sont apocryphes : je veux dire qu'ils ont été composés par des auteurs latins du XIVe siècle et de la fin du XIIIe, quelques-uns mêmes, du XVe ou du XVIe siècle, qui ont jugé à propos de les mettre sous le patronage d'un nom légendaire, faisant autorité de leur temps, celui de Geber.

Dans les livres arabes qui portent le nom de Geber, il n'est fait aucune mention des découvertes qui figurent dans ces oeuvres latines, telles que l'acide nitrique, l'eau régale, l'huile de vitriol, le nitrate d'argent, et la plupart de ces découvertes paraissent même étrangères et postérieures aux Arabes. Les seuls ouvrages dont il y ait lieu de s'occuper ici sont les ouvrages écrits en arabe et demeurés manuscrits, dans les bibliothèques de Paris et de Leyde, notamment.

Le nombre des ouvrages alchimiques attribués à Geber (et à ses disciples) s'élevait, dit-on, à 500, et la liste d'un grand nombre d'entre eux est donnée dans le Kitab al Fihridst, où elle occupe plusieurs pages. Ils étaient distribués en séries, désignées par des indications numériques, telles que les 112 livres; les 70 livres; les 10 discours; les 20 ouvrages; les 17, les 30, etc.: ils comprennent tout l'ensemble des connaissances humaines. La plupart de ces ouvrages sont de simples chapitres souvent très courts.

Geber demeure en général confiné au sein du domaine des déclamations vagues et charlatanesques; on y trouve peu d'inductions précises. Il recommande sans cesse le secret, procède par allégories, renouvelle de temps à autre sa profession de bon musulman, comme s'il craignait qu'on en suspectât la sincérité. Il expose la vieille doctrine des quatre éléments et des quatre qualités : le froid et le chaud, le sec et l'humide; tout consiste dans l'équilibre des qualités et des natures, qui permet seul aux choses de subsister. On y retrouve le symbolisme des alchimistes grecs sur l'âme et le corps attribués aux métaux.

La théorie des qualités occultes, opposées aux qualités apparentes, est fort développée. Le plomb est plomb par ses qualités extérieures et or par ses qualités secrètes; en complétant les unes et en rendant les autres manifestes, on opère la transmutation; c'est là une doctrine qui a régné pendant tout le Moyen âge. De même la composition de la pierre philosophale dite animale et de celle dite minérale, également développée par Avicenne, alchimiste. (source : cosmovisions.com)


Bibliographie :


Kitab Alkhálais : Le livre de pierres.
Kitab Alghamar : Le livre d'argent.
Kitab Achams : Le livre d'or.
Kitab Al Asrar : Le livre des secrets.
Kitab Azi Abagh : Le livre du mercure.
Kitab al Waçiyya : Le livre du testament.
Kitab Alhudud : Le livre des limites.
Kitab Arahman : Le livre de la miséricorde.
Kitab Alkhawáss : Le livre de propriété.


Les livres édités en France :