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L'alchimie et Nicolas Flamel

Je vais vous raconter sa légende telle qu'elle est connue des amateurs d'ésotérisme. Ensuite, pour les esprits les plus rationnels d'entre vous, je révélerai ce que les historiens savent de lui. Vous serez surpris! Vous pourrez même vous promener dans Paris à la recherche de ce qu'il reste de sa vie à Paris.

Mais d'abord, expliquons brièvement ce qu'est l'alchimie.

Alchimie : une quête de la transmutation du métal et de la vie éternelle. Nous parlons d'une vieille tradition qui plonge ses racines dans l'Antiquité grecque et a des équivalences et des influences dans d'autres régions du monde.

Sur la base de la compréhension du fonctionnement de la nature, certaines personnes pensaient qu'il était possible de transformer le plomb en or grâce à la « pierre philosophale ». On l'appelait ainsi parce qu'au Moyen Âge l'étude de la nature s'appelait « Philosophie naturelle ».

De plus, certains espéraient trouver un élixir qui leur accorderait une vie immortelle : l'Elixir de Vie. D'autres cherchaient un médicament universel pour guérir toutes les maladies. En résumé, L'alchimie est une volonté mystique de dévoiler les secrets de l'univers mêlés à des préoccupations du quotidien très matérialiste.

La recherche de la Pierre et de l'Elixir était une quête qui pouvait avoir des aspects spirituels. Un accomplissement qui pourrait être obtenu grâce à une purification de l'âme, semblable à la purification du plomb nécessaire permettant la transmutation d'un métal en or.

Ces idées peuvent nous sembler étranges et ridicules aujourd'hui, mais cette quête a été considérée comme sérieuse par de nombreux hommes considérables et savants à travers l'histoire. Cet art était particulièrement important en Europe au XVIe siècle, pendant la Renaissance.

Les mots « Alchimie » et « Chimie » ont été utilisés indifféremment jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.


Prenons par exemple le célèbre chimiste britannique Isaac Newton. Il est considéré comme un pionnier et un héros de la science moderne. Pourtant, il a dépensé autant d'énergie à essayer de trouver la pierre philosophale qu'il n'en a dépensé à la loi de la gravité.

Les travaux des scientifiques du XVIIIe siècle parmi eux, le chimiste français Lavoisier, sur la nature des métaux ont mis fin à l'alchimie en tant que discipline scientifique. L'Alchimie a été reléguée aux royaumes de la magie et de l'ésotérisme.

Pourtant, vous trouverez toujours des gens qui croient que certains alchimistes ont trouvé des vérités et des techniques cachées. Une minorité d'entre eux sont toujours à la recherche de la pierre philosophale. L'interprétation symbolique de l'alchimie comme quête spirituelle est désormais considérée comme plus importante que son aspect pratique.

Et même parmi la majorité qui n'y croit pas, beaucoup restent fascinés par les alchimistes et les buts qu'ils poursuivaient. Ironiquement, la science récente a montré qu'il est en effet possible de transformer les métaux via un accélérateur de particules mais à un coût incroyable.

Maintenant que vous avez une idée plus précise de l'alchimie, examinons la légende d'alchimistes la plus célèbre ...



La légende de Nicolas Flamel

Nicolas Flamel a vécu au XIVe siècle, à la fin du Moyen Âge, au centre de Paris. Il a été décrit comme un homme grand et aux cheveux bruns, une personne humaine, tempérée, intelligente et pieuse. Pas le scientifique échevelé à moitié fou entouré de fumées toxiques que vous pourriez avoir en tête quand vous pensez à un alchimiste.


Gravure de Flamel basée sur le portail de l'église Saint Jacques la Boucherie qu'il parraina en 1402.

Dans le dédale des ruelles bondées, sales, bruyantes et malodorantes, Flamel travaillait comme copiste avant l'invention de l'imprimerie, le copiste copiait des textes et des livres qui devaient être dupliqués. Il était aussi un écrivain public, écrivant pour les analphabètes, reliait des livres et était aussi libraire.

L'histoire raconte qu'un jour il rêva d'un ange qui lui apporta un livre. Ce livre, avec une couverture très reconnaissable, contenait un secret caché. L'ange lui dit qu'un jour, ce sera lui qui pourra le déchiffrer.

L'histoire raconte qu'un jour il rêva d'un ange qui lui apporta un livre. Ce livre, avec une couverture très reconnaissable, contenait un secret caché. L'ange lui dit qu'un jour, ce sera lui qui pourra le déchiffrer. Nicolas Flamel fut troublé par ce rêve mais, au fil des années, commença à l'oublier. Pourtant un jour, un vieux voyageur se présente à Flamel et lui propose de lui vendre un très vieux livre qui se décomposait en 21 pages divisées en 7 chapitres.

En regardant la couverture, Flamel réalisa que c'était le livre dont il avait rêvé. Il contenait une formule cryptée sous la forme de gravures permettant la transmutation du plomb en or

Le problème était que ce livre était difficilement compréhensible. Attribué à un juif nommé Abraham, il regorgeait de symboles liés à la kabbale, doctrine mystique du judaïsme, inconnue des catholiques dont il faisait partie. Nicolas Flamel s'efforça en vain de le comprendre, avec l'aide de sa femme Pernelle, mais a dû reconnaître son incapacité à le déchiffrer. Il se tourna pourtant vers les alchimistes de Paris mais fut déçu de leur savoir. Flamel avait besoin de comprendre la kabbale.

A Paris au Moyen Âge, les Juifs étaient une petite communauté, souvent persécutée. Ils n'étaient pas vraiment désireux de partager leurs connaissances et leur culture avec les catholiques qui les soupçonnaient d'hérésie et de commercer avec le diable en pratiquant l'usure (prêt d'argent contre intérêt).


Cathédrale de Santiago de Compostelle

Flamel savait qu'il était peu probable qu'il trouve un érudit juif disposé et capable de l'aider à Paris et qu'il devrait se rendre en Espagne, où vivait une communauté juive beaucoup plus nombreuse. Il décide dès lors de rejoindre les pèlerins qui commencent leur voyage vers le tombeau de Saint-Jacques à Saint-Jacques-de-Compostelle, dans le nord de l'Espagne. Ce fut un voyage long, dangereux et épuisant d'environ 1500 km.

Nicolas Flamel arrive en Espagne et rencontre Maître Canches, un érudit féru d'hermétisme et de kabbale, de plus un juif converti au christianisme. Canches était fasciné par l'histoire racontée par Flamel : malheureusement, Flamel n'avait pas apporté le précieux livre mais seulement quelques extraits.

Canches décida de l'accompagner à Paris, pour voir le livre par lui-même. Mais mourrut sur le chemin du retour, il commença toutefois à initier Flamel aux secrets de la Kabbale. Mais le voyage bien trop épuisant pour le vieux sage rendit l'âme à Orléans sans terminer sa tache et avant d'avoir pu voir le livre.

Néanmoins, Flamel en savait assez pour commencer à déchiffrer la majeure partie des hiéroglyphes et il se transforma en alchimiste, mena de nombreuses expériences, toujours aidé par sa femme Pernelle.

C'est en 1382, soit 21 ans après avoir trouvé le livre (contenant également 21 feuillets), qu'il arriva à son but et produisuit la pierre philosophale et son probable élixir.

Flamel devint extraordinairement riche et en homme généreux, il utilisa une grande partie de sa fortune à aider les églises et les hôpitaux pauvres et patronnés de la ville de Paris. L'histoire raconte qu'il organisa ses propres funérailles puis disparut en Inde.

Si Nicolas Flamel pouvait lire cette histoire, il serait probablement très surpris. En fait, il s'agit d'une légende racontée après sa mort et bien différente de ce que l'on sait de l'histoire de Nicolas Flamel.



Source : anonyme