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L'or potable


Pour des raisons juridiques, nous attirons votre attention sur le fait que l'or colloïdal est destiné à des fins technologiques. Les effets possibles de l'or colloïdal ne sont pas reconnus par la médecine conventionnelle et les déclarations relatives à l'efficacité de l'or colloïdal ne constituent en aucun cas des conseils médicaux ou des recommandations thérapeutiques. Toute utilisation interne ou externe se fait à la discrétion de chacun et sous sa propre responsabilité. En cas de maladie d’une nature quelconque, veuillez toujours consulter un médecin ou un naturopathe de confiance. Vous comprendrez donc que nous ne pouvons fournir aucune information sur l'action de l'or colloïdal.


L'or potable est une solution aqueuse qui contient de l'or, qui était préparée et consommée principalement pendant la période de la Renaissance.



Histoire On trouve des traces de l'or potable dans des papyrus égyptiens. Pline l'Ancien en donne quelques recettes (Histoire naturelle, XXXIII, 84).

L'alchimiste taoïste chinois Ge Hong (283-343) fut un des premiers à fournir une recette d'or potable (jinye 金液), une solution d'or et de mercure, dans le Baopuzi neipian.

Nicolas Lefèvre donne un grand nombre de recettes d'or potable, huile d'or, poudre d'or, ainsi que celle de Raymond Lulle. En 1575, le président de la Cour des monnaies Alexandre de La Tourette dédie son Bref discours des admirables vertus de l'or potable au roi Henri III.



Propriétés

Dissoudre de l'or dans de l'eau est extrêmement difficile, et les alchimistes du Moyen Âge rivalisaient d'ingéniosité pour pouvoir proposer la précieuse boisson à leurs protecteurs qui pouvaient payer très cher pour s'en procurer. L'or potable était bu à cette époque dans des bouillons ou dans des boissons alcoolisées, l'or étant dissous dans l'eau régale qui donnait une liqueur jaune limpide (voir Pourpre de Cassius).

Ce breuvage était considéré comme un remède, une sorte d'élixir de jeunesse, malgré le fait que la consommation d'or soit en réalité dangereuse pour la santé, comme le suggère le syndrome d'intoxication chronique de Diane de Poitiers. Avec les progrès de la médecine et l'analyse d'os de membres de la noblesse, on a pu identifier cette solution comme cause probable de leur mort étant donné les quantités d'or anormalement élevées trouvées dans ses os.



Symbolisme

En réalité, l'or potable fait référence à tout autre chose qu'une vulgaire quantité d'eau contenant de l'or, celle-ci étant absolument non potable et hautement toxique. Il s'agit de quelque chose de plus subtil, connu des seuls alchimistes : l'Élixir de longue vie.





L'or colloïdal est une suspension de nanoparticules d'or dans un milieu fluide qui peut être l'eau ou un gel. Selon la taille et la concentration des particules en suspension, sa couleur varie du rouge vif (pour des particules de moins de 100 nanomètres), au jaunâtre (pour les particules les plus grosses).

Connu depuis une époque reculée, l'or colloïdal fut à l'origine utilisé pour colorer le verre et la porcelaine. L'étude scientifique de ce mélange homogène ne débuta qu'avec les travaux de Michael Faraday dans les années 1850.

En raison de leurs propriétés optiques, électroniques et de reconnaissance moléculaire uniques, les nanoparticules d'or font l'objet de recherches approfondies, avec de multiples domaines d'applications comme la microscopie électronique, l'électronique, les nanotechnologies, la science des matériaux et la nanomédecine.

Les propriétés et les applications des nanoparticules d'or colloïdal dépendent de leur forme. Par exemple les particules en bâtonnets ont un pic d'absorption lumineuse à la fois transverse et longitudinal, et cette anisotropie conditionne leur propre cohésion.

L'or colloïdal est connu et utilisé depuis l'antiquité romaine pour préparer les verres rubis couleur de sang Hematinum, d'après la lecture de Pline l'Ancien. Au xviiie siècle, plusieurs chimistes s'intéressent à un procédé de fabrication par réaction de l'or avec l'étain, qui aboutit à un pigment de couleur pourpre. Ce dernier, mis en suspension aqueuse, permet d'obtenir une variété d'or colloïdal.



Le pourpre de Cassius.

Bien que cette préparation porte le nom d'Andreas Cassius (1605-1673), la préparation était déjà connue 25 ans auparavant et décrite par les chimistes allemands Johann Rudolf Glauber (1604-1670) et Johann Kunckel (1630-1703). Cette « pourpre de Cassius » était d'ailleurs déjà utilisée dans une usine de Potsdam en 1679. La préparation consistait à plonger une lame d'étain dans une solution contenant de l'or. On décompose le chlorure d'or par le protochlorure et le dichlorure d'étain. Le dépôt pourpre qu'on obtenait était lavé à l'eau distillée et séché avec soin. On retrouve le pourpre de Cassius à la manufacture royale de Sèvres, au début du xviiie siècle avec l'orfèvre Antoine Salomon Taunay.

Le « pourpre de Cassius » se dissout dans le verre fondu ou le cristal, qu'elle colore en rosé ou en rouge rubis foncé (« rubis de Kunkel »). Il était aussi employée pour la porcelaine, notamment la réalisation des porcelaines dites de la « famille rose », sous la dynastie Qing.

L'or colloïdal fut étudié par Richard Adolf Zsigmondy qui obtint le prix Nobel de chimie en 1925 pour ses travaux sur les colloïdes.



Les solutions d'or colloïdal sont principalement préparées par réduction de sels d'or, typiquement l'acide chloraurique (HAuCl4). Après dissolution du sel d'or, la solution est agitée vigoureusement et l'agent réducteur est ajouté, réduisant les ions Au3+ en atomes d'or neutres. Au cours de la réaction de plus en plus d'atomes d'or sont produits, la solution devient sursaturée et les atomes d'or commencent à précipiter sous la forme de particules sub-nanométriques. Les atomes d'or en solution s’agrègent autour de ces particules, et si la solution est bien agitée on peut obtenir une taille de particule homogène. Afin d'éviter que les particules s'agrègent entre elles, des agents stabilisant peuvent être ajoutés.

Méthode de Turkevich et Frens
La méthode de synthèse d'or colloïdal la plus simple est décrite en 1951 par Turkevich, puis revue dans les années 1970 par Frens. Elle produit généralement des nanoparticules d'or relativement monodisperses, avec un diamètre de l'ordre de 10 à 20 nm. La synthèse repose sur la réaction de petites quantités d'HAuCl4 chaud avec de petites quantités de citrate de sodium en solution, celui-ci jouant à la fois le rôle d'agent réducteur et d'agent stabilisant. La formation des nanoparticules d'or passe par un état intermédiaire dans lequel des nanofils d'or sont créés, ce qui explique la couleur très foncée observée durant la réaction avant l'apparition d'une couleur rubis caractéristique. Des particules plus grosses peuvent être produites en diminuant la quantité de citrate de sodium, mais ces particules présentent une monodispersité et des formes moins homogènes.

Méthode de Brust
La méthode décrite par Brust en 1994 permet de préparer des solutions colloïdales d'or dans des solvants organiques non miscibles avec l'eau, comme le toluène. Le diamètre moyen des nanoparticules formées est de l'ordre de 1 à 5 nm. Dans cette synthèse, l'acide chloraurique réagit avec du tétrahydruroborate de sodium, qui joue le rôle d'agent réducteur, en présence de bromure de tetraoctylammonium (en), qui joue le rôle d'agent stabilsant et de catalyseur de transfert de phase. Le bromure de tetraoctylammonium ne se lie pas très fortement à la surface de l'or, et progressivement au bout de deux semaines les nanoparticules s'agrègent et précipitent. L'utilisation de thiols, et notamment d'alcanethiols, permet de prévenir cette agrégation et d'obtenir des solutions colloïdales quasi permanentes.

Méthode de Perrault et Chan
En 2009, Perrault et Chan décrivent la synthèse de solutions d'or colloïdal de diamètre de l'ordre de 50 à 200 nm en utilisant l'hydroquinone comme réducteur de l'acide chloraurique en solution aqueuse contenant des nanoparticules d'or plus petites. L'utilisation de citrate permet de contrôler la croissance des nanoparticules. Cette méthode est un complément de la méthode de Turkevich et Frens afin d'obtenir de particules sphérique et monodisperses de plus grande taille.

Sonochimie
Des nanofils d'or de 30 à 50 nm de diamètre et quelques micromètres de long peuvent être préparés par sonochimie. À partir d'une solution aqueuse de glucose, des ultrasons génèrent des radicaux hydroxyle qui permettent de réduire l'acide chloraurique en nanofils d'or. Ces nanofils sont très flexibles et peuvent former des angles supérieurs à 90°. Quand le glucose est remplacé par de la cyclodextrine (un oligomère du glucose), les particules formées sont sphériques, suggérant un rôle particulier du glucose sur la morphologie des nanofils.

Méthode des copolymères séquencés
L'utilisation de copolymères séquencés pour la synthèse d'or colloïdal, décrite par Alexandridis en 200523, est une méthode économique, rapide et avec un faible impact sur l'environnement. Le copolymère joue dans ce cas à la fois le rôle de réducteur et d'agent stabilisant. Une variante de cette méthode permet d'obtenir des concentrations en nanoparticules d'or plus importantes en ajoutant du citrate de sodium comme agent réducteur.

Propriétés et usages en Industrie
L'or colloïdal fut à l'origine utilisé pour colorer le verre et la porcelaine. Il est aussi apprécié par les artistes pour leurs couleurs intenses. L'industrie cosmétique l'inclut aux mêmes égards dans divers produits.

L'or colloidal trouve de nouvelles applications pour des propriétés optoélectroniques et conductrices, par ex pour des cellules photovoltaïques organiques, des sondes optoélectriques, et pour d'autres composants électroniques.

Propriété et usage en chimie
L'or colloïdal catalyse diverses réactions chimiques. Il présente en particulier une activité catalytique supérieure pour le CO et d'autres oxydations à faible température, ainsi que ses alliages tel AuPd pour oxyder le méthane. Ceci mène notamment à des applications de piles à combustible.

Propriétés et usages en biotechnologie
L'or colloïdal est utilisé pour ses propriétés de couleur sensible à l’agrégation des particules (et à l'environnement), comme marqueur en biologie pour diverses techniques d'analyse diagnostique. Il est par ailleurs aussi utilisé pour d'autres techniques d'analyses pointues.