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Blaise de Vigenère - Traité du Feu et du Sel


Auteur : collectif
Reprint amélioré en français moderne
avec quelques dessins explicatifs inédits
Disponibilité (janvier 2021)
xxx pages dont xx pages d'index de recherche
Prix de vente : 29,00 € TTC

Blaise de Vigenère est né un 5 avril de l’an de grâce 1523 à Saint-Pourçain-sur-Sioule dans l’Allier et est mort d’un cancer à Paris le 19 février 1596. De famille noble, sa vie, après des études bien studieuses, fut dit-on, plus que dissipée, mais toutefois très féconde comme nous allons le découvrir ci-après.
Voyageant dès son plus jeune âge en Europe, il fut tout d’abord secrétaire du duc de Nevers, puis nommé secrétaire d’ambassade ; il est fort probable que ces missions diplomatiques l’amenèrent par nécessité à se pencher tout particulièrement sur la cryptographie. Proche du Roi Henri III, il fut un temps secrétaire de sa chambre et accessoirement son astrologue particulier. Profitant à quarante-sept ans d’une retraite méritée, il eut dès lors tout le temps libre pour prendre la plume et s’installer à son pupitre.

Auteur prolifique et parmi les plus érudits, maîtrisant le grec, le latin et l’hébreu, il traduisit de nombreux textes anciens, Platon, César, Tacite, Cicéron, Lucien, …. Il rédigea une vingtaine d’ouvrages assez abscons dont un sur le cryptage des textes. Sa méthode appelée « Le chiffre de Vigenère » (1586), inspirée de celle de Giovan Battista Bellaso (1553), était un procédé si astucieux qu’il ne fut décodé qu’en 1863 par un major prussien, Friedrich Kasiski,. Son mode de cryptage était basé sur une « Table réciproque» à dix alphabets ; les partenaires possesseurs de la dite table n’avaient alors qu’à s’entendre sur une clé constituée d’un mot ou d’une phrase. Certaines œuvres littéraires contenaient quelques passages à double lecture que seules les parties initiées pouvaient décrypter.

Nous nous intéressons plus particulièrement au cours de cet ouvrage à la pratique au laboratoire et aux connaissances alchimiques de Blaise de Vigenère. Incidemment, par sublimation de benjoin, cette résine de plantes du genre Styrax originaire d'Indochine, il obtint, selon le concept de sérendipité, l’acide benzoïque. Mais Blaise de Vigenère est avant tout reconnu parmi les alchimistes pour son « particulier ». Il dit ainsi dans ce présent traité : « J’ai vu se nourrir et se développer le grain fixe comme le fruit sur l’arbre » ; son procédé relève en fait plus de l’archimie que de l’alchimie qui consiste à réunir les principes soufre et mercure dans le but de réaliser la Pierre Philosophale.

L’objet de son particulier est de produire, en suivant un savoir-faire très élaboré, de l’or ou de l’argent à partir de plomb de coupelle maintenu longuement en surfusion. La surfusion est cet état où une matière à l’état de pureté absolue demeure en phase liquide alors que sa température est plus basse que son point de solidification ; cet état, dit métastable, peut changer instantanément lorsqu’un choc ou une impureté crée une perturbation. On a vu de l’eau rester liquide à moins 40° !

Ce phénomène nous évoque la cinglante défaite de Napoléon lors de la retraite de Russie en novembre 1812 : Au cours de la traversée de la Bérézina, point de passage obligé pour des soldats restés encore sur l’autre rive et acculés par les troupes russes, les cavaliers, voulant éviter une mort annoncée, engagèrent leurs chevaux dans les eaux glaciales du fleuve, mais celles-ci gelèrent instantanément dans un vacarme fracassant. Les chevaux en trempant leurs sabots avaient perturbé l’eau pure en surfusion et déclenché sa soudaine cristallisation. Les cavaliers furent obligés d'abandonner leurs chevaux, pris au piège dans la glace.

Mais revenons au « particulier » de Blaise de Vigenère ; le plomb étant en surfusion, il faut, après beaucoup de patience, isoler le « grain fixe » du métal afin de le précipiter vers son destin naturel, comme nous l’avions déjà discerné dans notre précédente réédition du « Discours philosophique sur les trois principes de Sabine Stuart de Chevalier ; le métal doit évoluer d’un état impur vers un état plus pur, c’est-à-dire transmuter de plomb en or.