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Albert Legrand

Albert le Grand naît Albert de Bollstaedt à Lauingen en Souabe entre 1193 et 1206, sans doute en 1193. Il meurt à Cologne en 1280. Il introduit dans les universités d’Europe les sciences grecques et arabes. Il est déjà surnommé « le Grand » de son vivant. Il est fêté le 15 novembre.

Il professe ensuite au couvent Saint-Blaise de Ratisbonne (1237-1240), à Hildesheim, à Fribourg-en-Brisgau, à Strasbourg, et, en 1241, à Paris, à l'Université de Paris, au premier couvent dominicain de la rue Saint-Jacques (Collège des Jacobins, sous l'autorité de Guéric de Saint-Quentin. Il y obtient, en 1245, un poste de maître de théologie : il est maître régent, en place de Guéric de Saint-Quentin, jusqu'en 1248.

À Paris (trois ans) et à Cologne (quatre ans, jusqu'en 1252) il a pour élève le jeune Thomas d'Aquin (1225-1274). Albert fonde en 1248 pour les dominicains de Cologne l’École supérieure de théologie (Studium generale), qu'il dirige comme maître régent jusqu'en 1254.

Au cours du xiiie siècle, la philosophie d'Aristote, dont la Logica nova a été redécouverte au xiie siècle, principalement par l'intermédiaire de traducteurs arabes, s'impose en Occident à la suite du renouvellement de l'enseignement débuté par Pierre Abélard. C'est au cours de son séjour à Paris qu'Albert le Grand se familiarise avec les écrits du philosophe grec qui vont influencer toute son œuvre. En effet, la plupart de ses travaux consistent à paraphraser Aristote, tout en y ajoutant parfois quelques commentaires.

En 1250, il traite de l'arc-en-ciel dans son ouvrage De Iride. Entre 1250 et 1254, il écrit ses deux contributions à l'alchimie : les Meteora et le De mineralibus. En 1252, il devient conciliateur, en l'occurrence entre la ville de Cologne et son archevêque. De 1254 à juin 1257 il est élu provincial (supérieur dirigeant un ensemble de monastères) de Germanie (la province de Teutonie), ce qui l'oblige à visiter à pied une cinquantaine de monastères.

En 1256-1257, il réside auprès de la curie pontificale, probablement en qualité de lecteur du studium de la curie. En 1257, il redevient enseignant à Cologne. En 1259, au chapitre général de l'ordre des dominicains de Valenciennes, il organise avec Thomas d'Aquin et d'autres frères, les études des Frères prêcheurs.

Évêque de Ratisbonne, 1261.
En 1260, il est nommé évêque de Ratisbonne par le pape Alexandre IV, mais, après trois ans, il demande au pape Urbain IV et obtient de celui-ci la permission d'abandonner sa charge. Maintenu à la curie, il est chargé, en 1263, comme prédicateur, de relancer, « en Allemagne, Bohême et autres pays de langue allemande », la croisade (la septième se termine en 1254), jusqu'en octobre 1264.
Il retourne à l'enseignement et aux conciliations : à Wurtzbourg (1264), à Strasbourg (1267), à Cologne (1270).
Ne se contentant pas de contester ponctuellement les travaux d'Aristote, il entreprend une encyclopédie d'ambition comparable De animalibus. Elle comprend :
le classement de toute la faune d’Europe du Nord connue de son temps ; une description détaillée de la reproduction des insectes, la croissance du poulet, des poissons et de mammifères.

Ce vaste traité, achevé vers 1270, comprend vingt-six livres. Les dix-neuf premiers sont des commentaires de l'œuvre d'Aristote, les suivants sont consacrés aux animaux qui marchent, volent, nagent et rampent dans une classification inspirée de Pline l'Ancien. Dans ces derniers livres, il puise largement dans les matériaux du Liber de natura rerum de Thomas de Cantimpré. Cette œuvre qui restera isolée dans son temps tranche sur celles de ses prédécesseurs comme Isidore de Séville et comprend beaucoup plus de descriptions fondées sur des observations réelles.


Il n'empêche que pour encore longtemps la zoologie restera une branche de la théologie dans laquelle les animaux seront étudiés pour les symboles divins qu'ils véhiculent.

Albert le Grand écrit également des encyclopédies semblables pour les minéraux, le De mineralibus et pour les végétaux, le De vegetabilibus. Ce dernier ouvrage comprend une étude sur les effets respectifs de la lumière et de la température sur la croissance des végétaux, ainsi que la question des greffes. Albert Le Grand semble être le premier à isoler l'arsenic ; il expérimente également avec des composés chimiques sensibles à la lumière, notamment le nitrate d'argent.

Ces œuvres sont riches en enseignements historiques et nous apprennent par exemple qu'Albert ne connaissait l'usage du salpêtre que pour la fabrication de l'acide nitrique ou encore que l'ortie était encore citée comme fibre textile à cette époque.

En 1274, après avoir pleuré la mort de son disciple Thomas d'Aquin, théologien de renom, il participe au concile de Lyon. En 1275, il inaugure l'abbaye Saint-Vit de Mönchengladbach. « Vers 1276-1277 il aurait accompli un ultime voyage à Paris en vue d'apaiser (ce fut en vain) l'hostilité des théologiens de l'université à l'endroit de ces philosophies grecques et arabes qu'il avait plus que quiconque contribué à faire connaître » (É.-H. Weber).

Il meurt à Cologne le 15 novembre 1280. Son tombeau se trouve dans l'église Saint-André de Cologne.


En alchimie,

Une des pages du livre Les admirables secrets d'Albert Le Grand intitulée "Traité des vertus et propriétés de plusieurs sortes de fientes".
Albert le Grand fut-il alchimiste ? Il s'intéresse à l'alchimie dans ses Meteora et dans son De mineralibus, qui datent de 1250 environ. Selon Robert Halleux (Les textes alchimiques, Turnhout, Brepols, 1979, p. 103-104), « le corpus [alchimique] d'Albert le Grand comprend une trentaine de titres ». L. Thorndike et J. R. Partington ont décelé dans son De coelo et mundi et dans ses Météorologiques une grande familiarité avec les thèmes alchimiques. Ceux-ci sont traités longuement dans le De mineralibus (1256).

Sur la matière des métaux, il développe, contre Démocrite et Ibn Juljul, la théorie alchimique du soufre et du mercure, qu'il concilie avec les quatre éléments et qu'il reprend à Avicenne. Le Alkimia et le Alkimia minor semblent d'Albert.

Le Semita recta (« La Voie droite ») est une compilation de la Summa perfectionis du Pseudo-Geber (Paul de Tarente, 1280). Ni le De occultis naturae, ni le Compositum de compositis (« Composé des composés », compilé en 1331), ni le Libellus de alchimia. Semita recta, ouvrage d'alchimie pratique, clair, ne sont authentiques.


Deux livres majeurs sur l’Alchimie : les Meteora et surtout De mineralibus.

Le premier s’inscrit dans le cadre traditionnel de la météorologie ; c’est à dire de la discipline traitant, chez les Anciens, du monde sublunaire et des manifestations géologiques.
Albert commença par collecter auprès des alchimistes des faits et des procédés recueillis ensuite dans les Meterora. Mais faute d’apprécier à sa juste valeur le contexte théorique des méthodes expérimentales, le maître dominicain ne saisit pas toujours les procédés des alchimistes.

Dans le De mineralibus, Albert n’eut d’autre choix que d’utiliser les travaux et expérimentations des alchimistes pour combler les lacunes de sa documentation aristotéliciennes et qu’il le fit en tâchant à chaque fois de les soumettre à l’examen et de les rendre dans la mesure du possible compatibles avec la pensée d’Aristote.

Voilà pourquoi il exclua de son étude les textes alchimiques allégoriques leur préférant ceux attribués à Avicenne.

Pour Albert, la transmutation restait possible à condition de respecter le schéma Avicénnien du De congelatione (retour à la matière première) en purgeant les métaux et agissant de façon à repousser la species initiale pour qu’une autre, plus noble, s’y introduisît.

Le Dominicain se démarquait d’Avicenne pour qui les formes substantielles se rattachaient à celle d’une Intelligence supérieure (Dator formarum) possédant la fonction active de les engendrer.

L’Alchimie est un art dont il démontra qu’il n’était pas infaillible mais restait possible à condition de s’en tenir à une théorie exacte et de se conformer aux mouvements des étoiles et à leurs influences.

Albert est le plus ancien représentant d’une tradition scolastique sollicitant l’Alchimie. Pour lui, l’Alchimie était la mesure de tous les Arts.

Il reconnaissait le bien fondé du sciant artifices, soit l’impossibilité de transmuter les espèces, il acceptait l’idée qu’un alchimiste avisé put assister la nature de sorte qu’après des opérations, le métal vil obtint l’éclat du métal parfait.

Il a toujours signifié une respectueuse attention pour un art regardé par ailleurs avec suspicion. N’oublions pas que les Dominicains avec un pouvoir d’inquisition à l’époque.


Source : Wikipedia + collectif Philomène